Pour appréhender clairement notre histoire, il est indispensable de revenir en premier lieu sur une confusion faite très fréquemment entre abbaye et abbatiale :
L’abbatiale de Solignac est une église romane à coupole exceptionnelle, monument historique, devenue église paroissiale à la Révolution et propriété de la commune. Elle est affectée au curé de la paroisse conformément à la loi de 1905. C’est également à la Révolution que l’ancienne église paroissiale, l’église Saint-Michel, a été détruite.
L’abbaye : « L’abbaye Saint Pierre et Saint Paul de Solignac a une histoire mouvementée… détruite et reconstruite pas moins de 10 fois »,
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Au XVIIIe siècle l’abbaye, qui ne comptait que quatorze moines à la Révolution, connut ensuite diverses vicissitudes. Pensionnat de jeunes filles sous l’Empire. En 1824 elle fut convertie en fabrique de porcelaine (qui a compté plus de 400 ouvriers) jusqu’à la crise des années 1930.
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Au XXe siècle : Les normaliens d’Obernai (Bas-Rhin) y trouvèrent refuge de 1939 à 1945.
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Seule la porte dite Porte St jean est classée.
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Les Oblats de Marie Immaculée en prirent possession en 1946 et y demeurèrent jusqu’en 1991. Ils construisirent l’aile ouest des bâtiments conventuels.
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La communauté du Verbe de vie l’a occupée de 1994 à 2004. Episode sectaire…
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L’abbaye a été rachetée aux Oblats en 2011 par le diocèse de Limoges. Pierre-Antoine BOZO est nommé évêque de Limoges le 11 mai 2017.
Les jardins : Notre histoire locale avec ces jardins.
Et l’usage qui s’y est développé.
Lorsqu’on arrive à Solignac, qu’on s’y installe, qu’on y vit, la présence de l’abbaye et de ses jardins est une évidence. Il suffit de regarder le plan du village. Les habitants de Solignac ont eu l’habitude de vivre à côté de religieux, de les côtoyer. Que l’abbaye, vide depuis des années soit à nouveau occupée, tous pouvaient s’y attendre voire l’espérer. Il n’y a pas eu de rejet « à priori » de ceux dont l’arrivée a été annoncée en juin 2021.
Il faut comprendre que l’accès aux « jardins de l’abbaye », qui est un espace plat en bordure de la rivière Briance, existe depuis plus de 40 ans. Du temps où les Oblats étaient encore nombreux il s’y déroulait des matchs de football entre l’équipe des moines et celle du village. Lorsqu’il n’est resté qu’une dizaine de moines dans les années 80, ces jardins étaient ouverts à la promenade des habitants et des personnes de passage. Un des frères faisait le potager pour l’usage des moines et l’on engageait volontiers la conversation dans les jardins.
L’accès à ces terrains a été interrompu pendant l’occupation de l’abbaye par le Verbe de Vie.
En 2004 après le départ de ces gens, les Oblats, toujours propriétaires, ont redonné leur aval à la fréquentation par tous de ces terrains. Un usage s’est développé pour leur entretien par la commune des parties laissées en prairie.
En 2018, soit un an après l’arrivée de l’évêque BOZO à Limoges, la commune obtient de l’évêché une convention précaire pour le demi-hectare qui jouxte le Moulin de Quatre, rénové par la commune et lieu d’expositions et de réunions. Un atelier participatif ouvert aux habitants volontaires a permis de remettre cette partie en état en dégageant l’accès à la Briance et d’aménager un espace de pique-nique.
Il se développe alors diverses utilisations : par les enfants du centre de loisirs, lieu de promenade par les nombreux visiteurs de notre bourg, les marchés de producteurs de pays, les nombreux utilisateurs de l’appli Terra Aventura, le vide grenier, ou la fête de l’huître, les fêtes des enfants des deux écoles, etc. Avec une convention précaire, la commune ne peut investir sur des installations durables.
Avec l’annonce de l’arrivée des moines dans l’abbaye, la dénonciation de la convention concernant les terrains est évoquée.
Sur ce fait, dès le mois de juillet 2021, le collectif SOLI NIAQUE lance une pétition pour préserver l’utilisation par tous des 3 hectares de terrains le long de la rivière. Par cette action le collectif SOLI NIAQUE tente de pousser la municipalité à trouver un accord avec l’évêché de Limoges dans le temps où la vente effective n’est pas encore réellement établie.
Un projet religieux qui vient de loin : une stratégie qui se déroule sous nos yeux
Rappel chronologique
Divers projets d’utilisation de l’abbaye ont été envisagés sans qu’aucun ne se concrétise. Notamment un centre des arts du feu et des master class de musique classique. L’évêque BOZO installé, il se dit qu’il ne souhaite étudier que des projets religieux. Les chanoines de Lagrasse s’intéressent un moment à l’abbaye de Solignac. En février 2020, l’évêque BOZO annonce que les chanoines renoncent et qu’il a nommé un chargé de mission pour trouver preneur. Le projet du « Village de François » est annoncé dans la foulée et présenté par l’évêque aux habitants lors d’une réunion de présentation au public et aux habitants à l’église.
Sept à fin 2020 En mode silencieux : Aucune nouvelle du projet « Village de François
». Le chargé de mission dira plus tard que « renseignements pris, ce n’était pas des gens sérieux ».
Création de Monasphère
- L’évêque BOZO est présent dans ce projet. Nous le découvrirons un an plus tard.
10 juin 2021 L’évêque BOZO annonce la vente de l’abbaye de Solignac aux moines de Clairval par voix de presse très coordonnée et simultanée dans plusieurs médias Il publie un communiqué réglant l’utilisation de l’église paroissiale au profit exclusif des moines. Ce communiqué et l’article du Populaire du Centre du même jour scandalisent certains solignacois qui décident de créer un collectif « SOLI NIAQUE ». Ils rédigent un courrier à destination des autorités religieuses concernées, du maire de Solignac et lancent le 15 juillet, une pétition « Pour le maintien à la disposition de tous des terrains de l’abbaye le long de la Briance » y compris sur internet sur le site « Mes opinions.com ».
Août 2021 Arrivée des premiers moines :
Ils évoquent le projet de déplacer les stalles de l’église, de fermer le chœur, de déplacer le trésor et de rouvrir une ancienne porte donnant autrefois sur ce qui a pu être l’ancien cloître.
Disent leur projet d’acheter des terrains supplémentaires et des bois à proximité de l’abbaye.
Ils demandent à la municipalité la construction d’une passerelle sur la Briance de manière à leur éviter d’emprunter le pont du village.
Ils lancent un projet de restauration d’une des portes de l’abbaye auprès de la Fondation du Patrimoine et de la mission Stéphane Bern. Ce projet sera retenu.
9 sept 2021 Réunion publique à la salle des fêtes de Solignac à la demande du maire et des habitants du village, en présence de l’évêque BOZO et des représentants des moines. Ils annoncent :
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Que les moines ne partageront pas les terrains, la convention avec la commune est dénoncée,
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La fin des messes paroissiales par le curé du village même le dimanche,
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Le départ du curé de Solignac,
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La fin des concerts. Les moines rejettent l’idée de concerts dans l’église malgré leur connaissance de l’activité de L’association renaissance de Solignac qui en a organisé plus d’une centaine en 40 ans d’existence.
Les moines confirment leurs recherches d’acquisition de terrains supplémentaires et de bois ; ne disent pas dans quelle intention. Ils indiquent leur « volonté d’ériger des barrières physiques et spirituelles avec les habitants ».
Cette réunion suscite la curiosité des médias (Le Populaire, F3 Limousin) compte tenu de l’accueil très hostile d’une partie de la salle face à ces annonces et à la posture de l’évêque et des moines.
Création d’une page Facebook
par SOLI NIAQUE,
Porte à porte pour recueillir des signatures complémentaires et informer les habitants. Le 20 octobre un total de 850 signatures est remis au maire.
Le 28 septembre une lettre très documentée sur la situation juridique de l’église est adressée par SOLI NIAQUE au ministre de l’intérieur - service des cultes - une réponse d’accusé réception est restée sans suite à ce jour.
28 nov 2021 Installation officielle des moines par l’évêque BOZO
Manifestation organisée par le collectif SOLI NIAQUE. L’évêque BOZO affirme à nouveau que l’abbaye est vendue, ce qui n’est toujours pas vrai. Les médias locaux rendent compte.
Occupation de l’église pour 7 offices monastiques par jour d’une durée de 45 minutes à 1h30. Au regard de ces horaires, il ne reste que de 15h à 17h, quel que soit le jour, pour visiter librement l’église.
Le curé de la paroisse a demandé à quitter Solignac et s’en va.
Parution d’un long article dans Le Monde
en même temps qu’un long article de Libération
sur le village de LAGRASSE et de son abbaye. A cette lecture nous avons le sentiment qu’un scénario identique est à l’œuvre à Solignac.
Communiqué de la paroisse après l’installation d’un nouveau curé non résident « la paroisse St Benoît a quitté son abbatiale, reprise par la communauté bénédictine installée à l’abbaye, qui devient le prieuré St-Joseph de Solignac »
Où est passée l’église paroissiale propriété de la commune ?
Visite du Figaro
, de RTL, de F3 national.
3 Déc 2021 Suite à la journée du 28 novembre, l’arrivée des moines a aussi été commentée par deux sites. « Riposte catholique » et « Salon beige ». (Voir notre page Facebook SOLI NIAQUE publication du 3 décembre 2021).
Janvier 2022 L’entreprise « Monasphère » apparaît à la TV, dans la Nouvelle République puis dans le Canard Enchaîné du 25 janvier 2022. « La première entreprise qui conçoit et réalise des projets immobiliers à proximité de lieux spirituels », « Monasphère agit dans un esprit de communion avec les communautés monastiques, religieuses ou sacerdotales ». L’abbaye de Solignac est répertoriée parmi les 17 sites de France cités par Monasphère - L’évêque BOZO est engagé dans ce projet avec 3 autres évêques.
Février 2022 Visite de l’église par l’architecte des bâtiments de France sur invitation des moines. Ils étudient, les déplacements du trésor, de la fresque Saint-Christophe, d’une statue de la vierge, etc. hors la présence du maire.
Les moines « ont besoin » d’augmenter le nombre de sonneries des cloches de l’église et s’adressent en ce sens à la mairie.
05 fév 2022 Article de La Nouvelle République : Indre et Loire : « Un « front laïc » se mobilise contre le quartier chrétien de l’Île Bouchard ».
13 fév 2022 Article dans la Matinale du Monde : « La croisade immobilière de Monasphère, le promoteur des ultra-conservateurs » où l’abbaye de Solignac est citée.
Mars 2022 Le collectif Soli Niaque distribue dans les boites aux lettres une lettre d’information sur la situation des moines dans l’abbaye, de l’occupation des terrains et de l’usage de l’église communale.
Le collectif Soli Niaque rend visite au collectif de l’Île Bouchard en particulier au sujet du projet du promoteur immobilier Monasphère. Le lien entre nos deux collectifs est ainsi créé.
28 mars 2022 Conseil municipal à Solignac
avec vote du budget primitif. Ce budget mentionne deux provisions financières, l’une pour l’achat de l’abbaye dont le projet de vente (DIA) a enfin été déposé en mairie, l’autre pour l’achat des terrains en bord de Briance.
Lors des questions diverses le maire de Solignac apporte des précisions sur les difficultés qu’il rencontre avec les moines et avec l’évêque de Limoges au sujet de l’église :
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D’emblée le maire explique qu’à plusieurs reprises l’économe de l’évêché l’accuse d’avoir spolié les biens de l’église à la révolution et depuis la promulgation de la loi de 1905. L’évêque Bozo dira au maire que pour lui « ceci est un fait, vous avez réellement fait ça ».
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Le maire relate la mésaventure d’une classe d’un collège de Limoges.
Arrivés à Solignac, lorsque les élèves accompagnées des enseignants ont voulu visiter l’église, ils se sont heurtés à l’impossibilité de le faire. Les moines ont refusé l’accès à la visite de l’église. Informé de cette affaire lorsque le maire les a interrogés, ils lui ont dit « si on veut fermer l’église de 7 h à 19 h on fait ce qu’on veut par ce qu’on chez nous ». Cette classe a dû attendre jusqu’à 11 heures pour faire cette visite. Nul doute que cette affaire fera le tour de l’académie de Limoges et refroidira les éventuels nouveaux candidats à une visite pédagogique. En clair « l’église est ouverte » mais elle ne se visite qu’en dehors des 7 offices quotidiens et selon le bon vouloir des moines.
Nous voyons la proposition de visites commentées de l’abbatiale cet été menées par un guide choisi. -
Au sujet de la privatisation d’une partie de l’église, le maire rapporte l’épisode au cours duquel, en mairie, l’évêque Bozo nie l’existence de la pose de cordes pour délimiter un « espace privé » que se sont octroyés les moines au sein de l’église communale. La pose de ce dispositif est censée interdire l’accès du public au transept sud et au chœur de l’église. Cette installation s’est faite sans solliciter la mairie, propriétaire de l’édifice. Le prieur confirme aux élus et à l’évêque cette installation considérant là encore qu’ils font ce qu’ils veulent dans l’église communale.
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Au cours de ce conseil municipal, nous entendons deux élues de l’opposition justifier l’attitude et les propos des moines envers la municipalité par le fait que, pour elles, « ils ont été mal accueillis, avec des casseroles » et « traités de violeur de femmes et de pédophilie ».
Les propos antirépublicains des religieux repris par l’évêque Bozo auprès du maire sont qualifiés de « peccadilles » par ces deux élues de l’opposition. -
Au sujet des terrains, le maire rapporte la position exprimée par le prieur de l’abbaye qui n’acceptera ni la cession, ni une éventuelle convention pour une partie des terrains à coté du moulin.
30 mars 2022 À l’Île Bouchard, abandon du projet de construction du « lotissement destiné aux chrétiens » porté par Monasphère après décision de la mairie de rejeter le permis de construire pour des raisons de sécurité incendie.
Avril 2022 Achat de biens immobiliers dans le bourg de Solignac.
Dans le jardin d’une de ces maisons les nouveaux propriétaires installent des statues religieuses bien visibles depuis la rue.
Le temps des projets
. Avec ou sans l’entreprise Monasphère, Solignac est d’ores et déjà la cible d’investisseurs d’un genre particulier attirés par la proximité de ces moines d’un genre particulier eux aussi. Quelques recherches nous orientent vers une personnalité de l’hôtellerie sur la Riviera, et responsable associatif pour l’accueil dans un sanctuaire du Sud de la France.
Mai 2022 Visite de l’abbaye par les domaines pour évaluation du bien immobilier selon une procédure normale et habituelle au regard du montant de la vente envisagée et du volume foncier concerné. Les moines refusent l’accès de l’abbaye au maire. Seule la fonctionnaire des domaines pourra entrer pour effectuer sa mission.
Lors du conseil municipal du 4 mai
le maire de Solignac annonce que l’évêché à retiré son projet de vente de l’abbaye suite à cette visite d’expertise par les domaines. L’abbaye n’est plus à vendre. La municipalité ne peut plus préempter les lieux. Les moines restent hébergés selon des modalités que nous ne connaissons pas.
8 mai 2022 Les cloches de l’église sonnent à toutes volées pendant la cérémonie au monument aux morts parasitant ainsi la commémoration de la fin de la guerre de 1945. L’évêque BOZO dira qu’il ignorait qu’il y avait une cérémonie ce jour là alors qu’il était lui même présent à celle de Limoges.
Les moines refusent que les obsèques d’un membre de la paroisse, bien connu de tous, aient lieu dans l’église communale de Solignac. La cérémonie se déroulera à l’église du Vigen (commune de résidence de cette personne), bien trop petite pour accueillir la nombreuse assistance présente. Ici encore nous relevons un écart entre ce qui a été annoncé par l’évêque, les moines et l’ancien curé de la paroisse concernant la possibilité que les baptêmes, mariages et obsèques puissent continuer à avoir lieu dans l’église de Solignac pour les membres de la paroisse. Nous voyons bien déjà que ces cérémonies ont lieu au bon vouloir des moines dès lors que les affinités religieuses ou politiques leur semblent aller dans le « bon sens ».
De fait nous constatons que certains abandonnent leur projet de célébration de mariage à Solignac devant les difficultés rencontrées avec l’occupation de l’église par les moines.
Nous prenons acte de la posture de l’abbé affectataire aux ordres de l’évêque et des moines.
Juin 2022 Visite du collectif Soli Niaque à Lagrasse avec la rencontre de membres de l’association Le Marque Page puis du maire du village avec des élus. Dans leurs récits nous y retrouvons les mêmes ingrédients que ceux que nous observons à Solignac depuis un an (des chanoines qui ont un double discours et avancent masqués, la Fondation du Patrimoine et Stéphane Bern, la « droite versaillaise », des acquisitions immobilières et foncières ayant pour effet d’empêcher les originaires du village de suivre la montée des prix pour pouvoir s’installer dans le village, etc.) avec le sentiment qu’ici, à Solignac, ce scénario se déroule sur un rythme beaucoup plus rapide qu’à Lagrasse.
Les moines ferment les portails d’accès aux terrains après avoir planté un carré de patates. La mairie pose des rubalises pour matérialiser la limite de propriété en attendant peut-être la pause d’une nouvelle « clôture ». Aucune communication n’est faite sur la fermeture des jardins au public. Le final du « terra aventura » n’est plus accessible, et sera donc modifié.
11 juin 2022 Cérémonie de confirmations à l’église de Solignac, ouverte aux élèves des écoles religieuses de Limoges. L’évêque Bozo remercie les moines occupants l’abbaye et faisant usage de l’église à leur convenance, de leur mise à disposition de l’église communale pour cette cérémonie.
Cérémonie d’obsèques refusée à un paroissien mais cérémonie de confirmations pour des non paroissiens acceptée. Deux poids deux mesures ?
Nous pouvons rapprocher ces éléments du fait que, sur le site du diocèse de Limoges, l’église de Solignac n’apparaît plus comme une des églises de la paroisse qui ne compterait désormais plus que 6 églises au lieu des 7 auparavant. Sur ce site, l’église de Solignac n’est plus mentionnée que comme église du prieuré Saint-Joseph. Plus aucune messe n’y est inscrite au titre de la paroisse Saint-Benoît.
De tout ceci, nous comprenons, que l’usage de l’église communale de Solignac est et sera réglé entièrement selon le bon vouloir des moines, avec la bénédiction de l’évêque de Limoges.
17 juin 2022 : Livraison d’un grand nombre de palettes de tuiles plates à l’abbaye.
Le retrait de la vente de l’abbaye n’empêche pas les travaux de suivre leur cours.
25 juin 2022 : La communauté du Verbe de Vie va être dissoute.
Décision prise
par le cardinal Jozef de Kesel, à l’issue d’une visite canonique qui s’est déroulée de janvier à avril 2022 et qui a confirmée l’existence de « dysfonctionnements graves et systémiques ». C’est cette même communauté qui a occupé l’abbaye de Solignac de 1994 à 2004 sans que personne n’y trouve rien à redire. Cette communauté, à l’époque était citée dans des ouvrages traitant des sectes en France comme à la limite d’un fonctionnement sectaire. Aujourd’hui ce sont les autorités religieuses elles-mêmes qui y mettent un terme.
A son départ au bout de 10 ans, cette communauté a laissé l’abbaye dans un triste état. Nous l’avons constaté lors d’une visite des lieux, lorsque les tenants du projet « Le village de François » l’ont ouverte au public dans l’été 2020.
5 juillet 2022 À 21 h a eu lieu une « veillée de chants grégoriens, ouverte à tous ».
Une « veillée de chants » avec la venue d’un groupe extérieur, ouverte à tous, ça c’est possible. Ça ressemble bien à un « concert ». Alors donc, la musique classique NON, les chants grégoriens OUI !!!
Et pourtant comme l’a dit Cioran « s’il y a quelqu’un qui doit tout à Bach, c’est bien Dieu ».
13 juillet 2022 Le collectif Soli Niaque écrit à l’archevêque de Dijon pour solliciter son intervention dans la recherche d’une cohabitation acceptable pour tous avec les moines de Flavigny sur Ozerain. Le 23 juillet nous recevrons une réponse de sa part indiquant que « certains jugements se révèlent factuellement inexacts ou incomplets » et que selon les échos qu’il reçoit « l’insertion des moines devient de plus en plus acceptée et encouragée, tant par la population qu’au niveau diocésain ».
19 juillet 2022 L’assemblée plénière de la conférence des évêques de France à élu l’évêque BOZO membre du conseil permanent pour un premier mandat de 3 ans à compter du 1er juillet 2022. Une promotion peut-être ?
Pour mémoire Eric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France, à affirmé que le secret de la confession était « plus fort que les lois de la République » quelques jours après la remise du rapport de la CIASE (commission indépendante sur les abus sexuels dans l’église).
L’évêque BOZO et l’abbé de Clairval nous annonçaient en septembre 2021 « des moines vivant dans la clôture » avec grand besoin « d’espace clos », or nous constatons qu’ils continuent à se balader dans le village et les alentours, seuls, par deux, par trois ou plus, chapelet ou bréviaire en main. Visiblement ils se déplacent et se rendent dans les « familles amies ».
Clôture et contemplation… on s’interroge.
Depuis le mois de juin 2021, les membres du collectif SOLI NIAQUE, pas du tout familiarisés avec les questions religieuses en France, essayent de comprendre ce qui se joue à Solignac autour de l’occupation de cette abbaye.
Des questions ne manquent pas de surgir notamment face aux discours et à la façon de se situer du chargé de projet, de l’évêque BOZO et des moines eux-mêmes.
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Pourquoi un groupe de 10 hommes voulant vivre « dans la clôture » et la « contemplation » font-ils le choix de venir s’installer en plein cœur d’un village avec une emprise foncière aussi importante par rapport à la taille du bourg de Solignac ?
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Pourquoi n’ont-ils pas fait le choix de s’installer loin du monde pour ne pas avoir à côtoyer les habitants ?
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Pourquoi n’entendent-ils pas les appels au partage des habitants et des paroissiens ?
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Pourquoi 10 hommes avec l’évêque BOZO font-ils main basse sur l’église paroissiale alors que l’abbaye dispose de plusieurs chapelles ?
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Quelle est la stratégie de l’évêque BOZO de Limoges ? Quels buts poursuit-il avec l’installation de ces moines là et avec le promoteur immobilier Monasphère ?
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N’y a-t-il pas aussi des enjeux purement politiques liés à l’arrivée de ces moines ?
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Pourquoi les paroissiens ne se font-ils pas davantage entendre ? Et les membres et autorités du diocèse ?
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Pourquoi l’Eglise catholique dans son ensemble laisse-t-elle se développer en son sein cette part de pratique rétrograde et d’emprise sur les territoires ?
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Comment se positionnent les autorités administratives de la République ?
De la mairie du village à la préfecture de Limoges, des monuments Historiques au ministère de l’intérieur ? -
Les valeurs de laïcité de la République sont-elles correctement défendues ici ?
Doit-on laisser le champ libre à cette « entreprise » qui se déploie sous nos yeux et qui maintenant, nous l’avons bien compris, dépasse largement une simple histoire de terrains, ou une « histoire de clocher » ?
